Fotografia: Levantamientos geologicos del escudo guayanés

Le cœur de l’Amazonie colombienne

Le parc national Chiribiquete et ses peintures rupestres!

Si l’on compare la Colombie à d’autres pays, par exemple la France, on se surprend d’apprendre que la Colombie est plus grande que la France, l’Autriche, Les Pays-Bas, le Portugal, l’Irlande et le Danemark tous ensemble ! Le territoire colombien est très vaste et la densité de sa population est basse, ce qui fait qu’il y a des kilomètres de terres dépeuplées et inconnues où habitent des communautés indigènes dont on ne sait pas grand chose, puisqu’elles veulent rester isolées.

Chiribiquete est le coeur de l’Amazonie colombienne. C’est le plus grand Parc National de la Colombie avec 4.4 millions d’hectares qui se trouve entre les départements du Caqueta et du Guaviare. En 1989 il fut déclaré Parc National et en 2018 il fut déclaré Patrimoine de l’Humanité par l’UNESCO.

Dans cette vaste jungle coexistent de nombreuses espèces animales, beaucoup d’entre elles endémiques, et y habitent plusieurs communautés indigènes. On y trouve des vastes collines très élevées avec des plateaux appelées Tepuyes. Les Tepuyes ont des parois rocheuses verticales qui ressortent de manière abrupte du reste du paysage et atteignent jusqu’à 900 mètres de hauteur. Jusqu’au jour d’aujourd’hui on a découvert 70 méga muraux avec des peintures rupestres aux pigments minéraux représentant des scènes de chasse, de danses, des rituels, des plantes et des animaux.

Cette découverte marque une étape historique par rapport à nos connaissances sur l’art rupestre. Les différentes expéditions menées sur place ont révélé que ce sont des expressions si anciennes, qu’elles remonteraient au moment où l’homme est rentré au continent Américain, c’est à dire autour de 20 000 ans en arrière !

C’est Carlos Castaño, l’anthropologue colombien, qui a découvert par hasard ce lieu en 1986 quand son vol a été détourné dû au mauvais temps. Depuis l’avion il a été interpellé par ces hautes collines qu’il n’avait jamais vu auparavant dans les paysages colombiens. Une fois sur place, et après plusieurs études, il en est arrivé à la conclusion que ces peintures sont non seulement les plus anciennes du continent Américain, mais en plus elles continuent d’être peintes à travers le temps. Ils ont trouvé des traces de peinture du 11e siècle et même du XVIIe siècle, en pleine colonisation ! Qui les peignent ? Surement les communautés indigènes qui habitent toujours dans la jungle.

Chiribiquete veut dire alors « Colline où l’on peint » dans certaines langues indigènes, et aussi, « Maloka du jaguar ». Le jaguar, car cet animal est très important pour les cultures préhistoriques d’Amérique. C’est un symbole des instincts basiques, d’animalité avec une importance cosmologique qui explique l’équilibre entre le jour et la nuit et assure une harmonie entre la vie et la mort.

On ne connaît pas beaucoup plus sur ce lieu car l’information est maintenue sous réserve afin de préserver la fragilité et la magie de ce lieu. Eviter le vandalisme et la présence humaine est fondamental pour sa préservation. Mais on sait que ce lieu existe aujourd’hui, et que il est non seulement aussi important que les peintures de Lascaux en France ou d’Altamira en Espagne, mais que les représentations sont multipliées par un nombre encore indéfini aujourd’hui ! La magie de ce lieu reste vivante grâce aux communautés indigènes qui existent toujours en Colombie ! Ca c’est de la richesse !

Fotografi
Fotografia: Fernando Trujillo Fundacion Omacha

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